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Ecrire pour sublimer la sculpture ou sculpter pour adoucir l'écriture.

23 May

6 ans ...

Publié par Dominique Iwan

(La tentation est trop forte, je tenais à vous présenter 6 ans, le fil rouge de mes histoires, le personnage phare qui m'accompagne depuis si longtemps. Elle n'a ni mémoire, ni rêve avant l'âge de 6 ans, elle s'est donc appelée 6 ans presque automatiquement, elle sera l'héroine de mes histoires pour enfants. Voici une de ses aventures magiques ... en attendant l'illustration)

6 ans repose sur un lit d’éponge mauve, son petit oreiller de gaze blanche lui fait une auréole mousseuse, son petit corps de talc parfumé est agité de temps à autres de légers mouvements aériens …

Sa peau irrisée, duveteuse et velourée, se plie, se tend, puis se calme subitement …

Elle dort ! ses petits bras d’enfant sont sereinement posés de part et d’autre de son visage, les paumes de ses mains sont complètement détendues, ses petits doigts de marbre jouent et frôlent les bords de son berceau …et par moment caressent ses fragiles cheveux blonds … elle semble sereine et paisible, allongée, offerte à la douce chaleur de cette fin de journée, de son petit corps émane une fragrance mêlée d’innocence, de lait mousseux et d’amour, tout en elle est harmonie et beauté … il est impossible définir, de comprendre d’où lui vient ce parfum exquis , un mélange d’essences originelles … de thé, de musc, de roses voluptueuses et de fleurs de pêcher …

… aujourd’hui, elle porte un joli body de coton blanc traversé de petits nuages bleus, laissant apercevoir ses minuscules mains de perles, elle repose dans la quiétude de l’après-midi, sur sa bouche framboisée, une bulle apparaît, un léger frémissement parcourt son petit corps abandonné.

Tout est paisible, la chambre, la maison, la rue, même le monde, exceptionnellement ce jour-là, est paisible.

Pas un bruit, pas un mot alentours, que le chant des oiseaux, et puis …

… et puis, elle se réveille doucement, son souffle d’azur s’accélère, ses paupières transparentes se soulèvent un instant et des larmes bleues se mettent à couler doucement, recouvrent les tendres rondeurs des joues , glissent le long de son adorable cou pour venir se jeter dans l’éponge mauve.

Elle a ouvert ses yeux et semble chercher quelque chose, de ses lèvres fruitées et lumineuses s’échappent alors les plus jolis sons jamais entendus, des sons si harmonieux, si merveilleusement unis les uns aux autres … alors, une phrase musicale au rythme éminemment poétique répond aux douces vocalises des oiseaux du jardin, soudainement des trilles venues du fond des temps se confondent, s’entremêlent, se lient aux notes magiques nées de ce corps enfantin.

Elle chante et il répond, bientôt on ne sait plus qui est l’oiseau et qui est l’enfant, le monde n’est plus qu’unité, harmonie, elle fronce les sourcils et les larmes bleues se remettent à couler.

Cette union semble la faire souffrir, et pourtant de ce dialogue hors du temps, de cet échange magique, de ces notes fluides et fortes qui s’entrecroisent, se chevauchent, se fondent les unes aux autres, une phrase mélodique commune semble naitre, un langage unique, inconnu, nouveau … et curieusement, chaque note a une couleur, une transparence, une existence propre, mais chaque note est une souffrance, comme si la recherche de l’absolu et de l’ultime communication fragilisaient encore un peu plus l’enfant.

Son petit corps frissonne malgré la chaleur, plus la connaissance et l’harmonie la submergent, plus les couleurs de la vie la quittent … elle sait, elle a compris le message de la nature.

Dehors, tout est calme, l’oiseau lui a confié un secret, un lourd et doux secret. Et à mesure que ces sons cristallins irradient la pièce, puis la maison, puis le village, puis les villes environnantes, puis les campagnes, puis les cantons, puis le vaste monde … dans un seul élan de curiosité, puis d’infini bonheur, tous les hommes alentours qui quelques minutes auparavant s’opposaient dans d’effrontés, vains et cruels corps à corps, s’arrêtent pour écouter, pour se laisser pénétrer, pour apprendre, chercher d’où vient ce fol espoir au goût de thé, de musc, et de fleur de pêcher … et pendant qu’ils apprennent et qu’ils cherchent …

6 ans ...
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Annie-Laure 25/05/2014 17:29

Il me semble que 6 ans vient de naître... ou alors elle ne veut pas connaître la vie.... je ne sais pas... j'aurais envie de lui murmurer qu'elle sait pourquoi elle est là ...
À suivre....
Bisous intrigués...

Annie-Laure 25/05/2014 18:06

Oh oui elle trouve écho ! J'attends la suite ! Bisous

dominique iwan 25/05/2014 17:39

6 ans n'a ni mémoire, ni rêves ... mais elle a des pouvoirs, elle sait entre autres communiquer avec les oiseaux, cette histoire se passe à un moment de sa vie où elle est encore un bébé.
Dans les histoires à venir construites pour intriguer les enfants, elle est une petite fille comme les autres, se couchant le soir et se réveillant le matin, mais dans l'intervalle ... ses pouvoirs vont lui permettre de voyager.
Je voulais juste poster cette histoire pour voir si elle trouve écho. Bisous

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