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Ecrire pour sublimer la sculpture ou sculpter pour adoucir l'écriture.

08 Oct

Vertige ...

Publié par Dominique Iwan

« Kierkegaard prend « l'angoisse » comme fil conducteur, dans le Concept de l'angoisse, pour explorer de quelle manière la liberté s'atteste elle-même à l'existence singulière, de façon paradoxale, seul un être libre pouvant faire l'expérience de l'angoisse - expérience de la liberté comme fardeau et obstacle. L'angoisse est le « vertige du possible », on la ressent lorsque l'on est confronté à une infinité de possibilités et qu'il faut faire un choix. L'angoisse, contrairement à la peur, n'a donc pas d'objet déterminé. On a peur « de quelque chose », mais on n'angoisse pas « de quelque chose ». L'angoisse est indéterminée, elle met en branle l'ensemble de l'existence. Heidegger dira que l'angoisse met en branle l'ensemble de l'être, et nous fait apercevoir le néant37.

Nous portons la lourde responsabilité de ce choix, et de plus nous ne pouvons pas prévoir si ce choix sera bon ou pas. L'existence se caractérise par son aspect foncièrement contingent et imprévisible, l'homme doit donc se risquer à choisir et à agir sans pouvoir maîtriser totalement son avenir. C'est le sens du « saut » dans l'absurde. Aucune doctrine, aucun système philosophique ou scientifique, aucune dogmatique religieuse ne peuvent rassurer l'homme quant à ses choix, il doit les faire en âme et conscience en dernière instance. "

« Kierkegaard cerne l’angoisse sous son double registre à la fois psychologique et ontologique en révélant ainsi son point névralgique. Sur le plan psychologique, l’angoisse est lié au sentiment de culpabilité, ce que Kierkegaard illustre à travers son analyse du récit de la chute dans la Genèse. C’est précisément l’observation clinique d’un tel sentiment de culpabilité lié à la sexualité qui permettra à Freud d’engendrer tout l’édifice de la psychanalyse. Sur le plan ontologique, l’angoisse est lié à cet étrange mélange d’effroi et de fascination que suscitent en l’homme le néant et la mort, intuition fulgurante que Sartre et Heidegger développeront avec talent sans oublier leur « dette » intellectuelle pour le philosophe danois. Pour Kierkegaard, le point de jonction entre ces deux dimensions de l’angoisse se trouve dans la liberté. Dans le jardin d’Eden, Adam est angoissé par sa liberté du possible, car il peut violer l’interdit divin à tout instant. Le paradoxe insoutenable soulevé par Kierkegaard est celui d’une loi morale qui incite l’être libre à la faute et qui pourtant est nécessaire pour extraire l’homme de l’animalité.

Dans l’expérience de l’angoisse du néant l’être humain éprouve un sentiment de vertige ontologique face à l’infini des possibilités qu’engendre sa liberté.

Dans le vertige physique, on est attiré par le vide qui pourtant nous effraye, tandis que dans le vertige métaphysique, on est fasciné par le néant qui est en même temps source d’effroi. Mais cette épreuve de l’angoisse est précisément pour Kierkegaard ce qui forme l’être humain à l’authenticité de la liberté… »

Vertige ...
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luc 08/10/2014 14:27

En fait on peut remplacer l'angoisse par la joie de vivre. c'est le même sentiment en inversé (amour/haine), et c'est plus constructif.

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